La danse des moustiques – OUI, on peut changer les choses!

C’est quoi le Bti ou comment s’en débarrasser?

Une vitrine  pour comprendre le Bti… pour la vie!

Le Bti dans nos milieux humides, c’est  se servir d’une bombe pour détruire une mouche. (Source Freepik).
Le Bti dans nos milieux humides, c’est comme se servir d’une bombe pour détruire une mouche. (Source Freepik).

BEN VOYONS DONC ! 

Le Bti ou, de son petit nom, Bacillus thuringiensis israelensis, est une bactérie découverte dans une flaque d’eau en Israël en 1976. Un fin observateur a alors remarqué que la fameuse bactérie, ingérée par les larves de moustiques se trouvant malencontreusement dans la même flaque, mouraient peu de temps après. WOW : une bactérie qui existe naturellement dans l’environnement et qui tue les bébés moustiques ? On va enfin pouvoir se débarrasser de ces bestioles et de façon biologique en plus ! Flairez-vous, vous aussi, la formidable affaire ?

En deux temps trois mouvements, dans des laboratoires du monde, on s’active peu après à reproduire, par milliards, la fameuse bactérie:

  • On la mélange à des additifs secrets de tous genres – plus de 80% du produit et dont l’impact sur les milieux est inconnu (1), concoctant un produit soi-disant juste dangereux pour les moustiques et les mouches noires, et ce, pour qui en veut, un peu partout, là où il y a des marais, des étangs, des tourbières ou des fossés (lieux de reproduction desdits moustiques), alouette!
  • On met le “révolutionnaire” mélange (forme  granules, liquide ou briquettes) dans de beaux grands entrepôts et on le vend sur les marchés du monde.

Ainsi, depuis plus de 40 ans maintenant, d’énormes superficies d’eau douce sont arrosées chez nous en Amérique du Nord et en Europe notamment, année après année, à l’insecticide Bti (plus précisément, un larvicide), parce que les moustiques, c’est fatiguant !”.

Et pourtant: les moustiques et les mouches noires jouent d’importants rôles dans les écosystèmes et ce, à l’un et/ou l’autre des 4 stades de leur développement, notamment: ils filtrent et dégradent la matière organique, ils nourrissent quantité d’espèces telles les grenouilles, les poissons, les reptiles, les araignées, les libellules, les chauve-souris et les oiseaux et ils contribuent à la pollinisation. De plus, le Bti s’attaque aussi directement aux proches cousins des moustiques, les chironomes –  des insectes non piqueurs ceux-là – et qui sont à la base de la chaîne alimentaire dans ces milieux.

Et re-pourtant : il est généralement INTERDIT au Québec d’épandre des pesticides à grande échelle dans les milieux aquatiques (article 29 du Code de gestion des pesticides et article 22 de la Loi sur la qualité de l’environnement)pourquoi est-ce que le ministère de l’environnement fait exception avec le Bti? Tout ce que les municipalités (ou les entreprises privées) ont à faire pour qu’on traite au Bti à grande échelle dans ces milieux, c’est de demander une autorisation à la province!

Et ce n’est pas tout: même après pulvérisation de ce pesticides dans nos milieux humides, le sentiment de nuisance chez les gens est à peine moindre! (Voir ces conclusions d’une étude française)

Les nombreuses études(2) qui dénoncent les risques du Bti sur les autres espèces, espèces qui trouvent  de moins en moins à manger dans ces milieux, devraient tous nous faire crier gare. Comment en est-on arrivé à accepter pareille pratique chez nous? Le Bti, ça crée une véritable onde de choc dans la chaîne alimentaire de ces fragiles écosystèmes. Le Bti, c’est ni plus ni moins, larguer une bombe pour détruire une mouche.

Peut-on faire quelque chose? BEN QUIN !

En 2023, grâce aux chercheur.es, grâce à des fonctionnaires et des élu.es sensibilisés et grâce à l’essentielle voix citoyenne, de nouvelles villes au Québec rompent avec le Bti, dont Nicolet-Yamaska, Mirabel, Bécancour, Longueuil et Gatineau!

Qu’en est-il chez vous? Est-ce qu’on traite encore au Bti les précieux milieux humides dans votre ville ? Contactez votre municipalité pour le savoir car c’est elle qui gère ces programmes d’éradication. Et si c’est le cas, exigez que votre Conseil municipal vote un règlement pour que cesse ENFIN cette pratique, inadmissible à tous points de vue sur notre territoire.

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Nous sommes un groupe citoyen qui agit depuis près de 10 ans au Québec afin que les municipalités cessent une fois pour toute d’appauvrir nos milieux humides avec ce pesticide pulvérisé à grande échelle dans nos plans d’eau. Le Bti est injustifié à tous points de vue. Les villes n’ont pas à gérer les populations d’insectes, d’autant que ces dernières sont vitales pour la biodiversité. Il est de la responsabilité de chacun d’utiliser les protections personnelles à sa disposition pour réduire la nuisance causée par les moustiques et les mouches noires.

Pour comprendre ce qu’est le Bti et ses impacts sur la nature, nous vous invitons à visiter notre site web.

Surtout, si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec nous en tout temps!

Merci de nous aider à faire du Québec la première province au Canada SANS Bti!

Et MERCI à Vigilance OGM de leur appui et leur travail de sensibilisation, un travail VITAL pour nous tous et toutes!

Claire Charron

Pour la Coalition Biodiversité- Non au Bti

Pour un rapide tour d’horizon sur le Bti

Pour de plus amples info, visitez notre site web: Coalition Biodiversité  – Non au Bti

Contact: ledangerdubti@gmail.com

Pour les solutions de rechange : Se protéger des piqûres de moustiques et de tiques | Gouvernement du Québec (quebec.ca)

(1) Voir, comme exemple, la fiche signalétique du Vectobac  (site du vendeur).

(2) Compilation de nombreuses études sur le Bti et autres ressources sur notre site internet